Je longeai ce long couloir, l’obscurité régnait, la peur se sentait. Quelques cris de douleur perçaient de temps en temps le silence sinistre si charmant à mes oreilles.J’entendais mes pas raisonnant dans la galerie. J’arrivai devant une porte… que je défonçai d’un coup de pied. Bonjour la discrétion, mais bon, c’était plus fort que moi.

– Pardonnez-moi, vous ne devriez pas être ici… Que faites vous, Metrëo, vous étiez pourtant consigné jusqu’à nouvel ordre! Intervint l’un des sbires présents.
Voilà pourquoi j’avais trouvé cet homme que j’avais assommé plus tôt seul dans les cachots, assis sur une chaise. Et je connaissais également son nom, maintenant.
– Vous savez ce qui vous attend pour votre désobéissan…Reprit le sbire, mais je l’avis déjà mit à terre avec un coup de poing bien placé.
– Arrêtez-le!
Je m’avançai vers celui qui avait parlé et sortis mon épée (plutôt celle de Metrëo) pour lui asséner un coup sur la tête avec le plat de l’arme. Je n’aimais pas tuer, c’était d’une inutilité! Enfin, c’était stupide de tuer ces hommes là, qui étaient réquisitionnés par LUI, en échange de la vie de leur famille. Soudain je vis un garde s’apprêter à souffler dans un cor. Je courus en sa direction et sautai la jambe à l’avant, mon pied frappant en plein visage l’homme et en le faisant s’écrouler à terre. J’arrachai avec rage le cor de son piédestal en platine et le fracassais à terre. Quand je regardai autour de moi, j’étais encerclée par cinq autres imbéciles. J’en attrapais un par les pieds et le lançais sur deux autres. Plus que deux… Ils se jetèrent sur moi par surprise. Je me baissais et roulais vers un coin de la petite pièce. Ils retombèrent lourdement au sol et se relevèrent ahuris. Hum, des têtes dures. Ils s’avancèrent menaçants.
– Metrëo, qu’est-ce que tu fous? On veut pas te tuer, calme-toi!
Me dit le plus petit, craintif.
– Parle pour toi! Tu vois pas que c’est pas lui?
Répliqua le second en fonçant, l’épée à la main. Cette voix… les souvenirs me revinrent, il avait beaucoup changé depuis qu’il avait aidé LUI à s’en débarrasser… Il allait payer! Furieuse, je sautais et atterrissais derrière lui. Incapable de calmer ma haine, le le décapitai net, sans remords. Sa tête glissa à terre et me fixa de ses yeux verts. Dans mon élan, ma capuche retomba sur mes épaules, dévoilant mes longs cheveux châtains et au passage, mon visage.
– Toi… Pardon, Ellana! Je suis désolé…
Furent les derniers mots de ma victime. Dans ses mots, je n’avais entendu que de la tendresse et des regrets. Des larmes coulèrent le long de mes joues, furtives.
– Meurs en paix Alain, je te pardonne…
Articulais-je en un murmure.
– ALAIN!
Cria une voix. Je me relevais rapidement (comment se faisait-il que j’étais à genoux?) et remis ma capuche pour enfin me retourner. Près du cadavre, le jeune homme qui m’avais attaquée peu avant était à terre, et pleurait à chaudes larmes. Ittik, je me souvins de son nom, le frère de Alain. Je refoulais mes larmes. Ne pas faiblir, pas si près du but, ne pas fléchir! Mais je n’allais pas le blesser, en mémoire d’Alain. Ayant pris cette résolution, je m’avançai silencieuse et tout à coup bloquais la respiration de ma proie en lui couvrant de mes mains le nez et la bouche. Quelques secondes après, il gisait au sol, inanimé mais vivant.
– Retentum…
Soufflai-je. Les corps inanimés furent bâillonnés et attachés grâce à des liens dorés. Ah, l’or, quel métal horrible et ringard! Mais ce n’était pas moi qui inventais les formules… Je fixai le corps d’Alain en retenant mes larmes qui me remontaient aux yeux. Je décidai enfin de le laisser avec ses compagnons, enfermé dans l’armoire à lances. Je ramassais les morceaux du cor brisé et les jetais également dans l’armoire. Bien, personne ne se douterait du combat qui avait eu lieu avant quelques heures au moins, lors de l’appel aux cachots. Je continuai mon chemin, et, comme je m’y attendais, me retrouvais dans un nouveau couloir. A partir de là, normalement je n’aurais dû trouver aucun autre garde. Parfait.
J’entrai enfin dans le laboratoire de Darkhell. J’entrai discrètement, contenant mon envie de crier. Il faisait sombre, pas une lumière, pas un signe de présence. J’avançais prudemment, quand j’entendis soudain un petit bruits d’engrenages. Bizarre… Oh non! Je compris enfin et tentai de faire marche arrière, en vain, déjà des barreaux m’entouraient, et la cage dans laquelle j’étais entré telle une idiote s’éleva. Je grimaçais.
– Un piège…
– Oui, un piège, dans lequel tu es tombée comme tu y serais tombée il y a 27 ans… Je te croyais un peu plus capable, à présent… Bien que tu ne vieillisses pas, il faut que tu t’attendes à ce genre de traquenard, chérie!
La pièce s’éclaira tout à coup et quelqu’un sortit de l’ombre.
– Darkhell! Mais comment savais-tu que…
– Oh, mais je ne m’attendais pas à te revoir toi, bien au contraire, cela me surprend que tu sois en vie. J’ai juste installé ce piège devant mon laboratoire le jour où tu m’a maudit en disant que quelqu’un viendrait m’achever et mettre fin à mon règne. Bien sûr, quelques incidents ont eu lieu depuis mais bon, ça en valait la peine…
– …
– Ça fait dix ans que ce piège attend, dix ans que, jour pour jour je guette, je commençais à ne plus y croire! Mais te voici enfin, toi, la “menace à mon pouvoir”!
Me nargua-t-il. Il semblait s’amuser de me voir en son pouvoir. Mais,il ignorait que pendant qu’il n’arrêtait pas de parler au mur, j’étais en train de stocker toute mon énergie pour un usage très précis…
– Mais… fini de papoter, je vais te faire une proposition non négociable: soit a)tu me rejoins et on sème la terreur comme avant, soit b)je te tue… A toi de choisir, Elly!
– N-ne m’appelle pas c-comme ça! Liberato!
Hurlai-je en libérant mon énergie grâce à la formule que je venais de prononcer. Une explosion fulgurante partit de mes mains et réduit en cendres ma “cellule personnelle”. Je tombai à terre et me relevai dignement. Je couru vers Darkhell et sautai sur lui, mes mains brillant d’une couleur rouge feu.
– Pour Irion! Pour Ténébris! Mors doloris!
M’écriai-je enfin.
– Ténébris? Mais elle vit! Et tu ne sauras jamais où si je meurs!
Un sourire éclairait le visage démoniaque de cet homme. Mais c’était trop tard. L’explosion raisonna dans le palais.